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lundi 27 janvier 2014

La maison de la mer - Sophie Trépant

Présentation
"Le soleil était en train de se coucher sur cette chaude journée d'août 2007. Une jeune femme aux cheveux bruns était assise dans le sable, face à la mer. Son regard vert errait, perdu dans le bleu des vagues. Les bras recroquevillés autour de ses genoux et de sa robe blanche, elle contemplait l'immensité d'eau en face d'elle qui partait et revenait immanquablement chaque jour depuis une éternité. Depuis l'annonce qui lui avait été faite ce matin-là, elle se sentait toute petite et impuissante, tel un oiseau blessé et incapable de déployer ses ailes à nouveau."

"La Maison de la mer" est une réflexion sur la vie, sur la maladie, sur la mort. Une douce introspection sur le temps qui passe et l'importance de profiter de l'instant présent. Une ode à la famille, à l'amitié et à l'amour. C'est aussi un tendre hommage à ma jolie Mamy.

Mon avis
Le roman de Sophie Trépant est un magnifique roman de vie, d’amour et d’émotions. Avec cet ouvrage, nous ne pouvons qu’être ému et attendrit par le parcours de Laura. 

Laura est une jeune femme, avocate, aimé par sa famille et ses amis, vivant une relation compliqué avec Yves, un homme qu’elle aime depuis des années, mais qui ne le lui rend pas. Elle vit et travaille en Belgique. 
A l’ouverture du livre, nous la trouvons à La Panne, sur la côte belge. Comme toujours, c’est sur cette côte, sur la plage, dans la maison de sa Grand-mère Jeanne – la maison de la mer – qu’elle est venu se ressourcer et chercher du réconfort après l’annonce d’une mauvaise nouvelle. Il semblerait que la jeune femme, qui avait toute la vie devant elle, n’ai plus qu’une petite année à vivre, tout au plus. Une satanée maladie cardiaque a décidé de bouleverser ses projets. 
Cette parenthèse dans sa vie, dans sa carrière est l’occasion de faire le point, et d’envisager l’année à venir. Elle peut compter sur sa mamy, sur sa famille et ses amis fidèles. Elle a décidé de ne pas se laisser abattre et de profiter de la vie comme elle l’entend. 
Laura est une femme accomplie, battante, joyeuse qui accorde une grande importance à ses proches. Depuis son adolescence, c’est aussi une gratte papier de talent. Elle avait délaissé cette activité pour se consacrer à sa carrière. Mais avec son retour chez sa grand-mère, elle redécouvre ses anciens cahiers d’écolier noirci de son écriture. Et dès lors, les mots affluent, reprennent vie en elle. 

J’ai vraiment apprécié cette lecture tout en douceur, en sensibilité et en beauté. Sophie Trépant à une plume vraiment poétique que ce soit, sa prose ou ses vers (ceux que Laura a écrit et écrit tout au long du récit). C’est la première fois que je lis un livre tel que celui-ci, où une simple préparation de galette entre grand-mère et petite fille devient un hymne aux relations familiales. Je vous assure, la plume de l’auteur est vraiment magnifique, authentique. L’auteur écrit avec son âme et cela se ressent. 
Je me suis sentie très proche de Laura. Nous nous ressemblons sur de nombreux points (notamment notre don à nous amouracher des types louches et qui finalement nous attirent que de mauvaises choses, ou encore ce besoin de nous servir des mots pour exorciser nos émotions, nos réactions) ; nous avons les mêmes réactions face à l’inconnu, à la beauté du monde… C’est une jeune femme inoubliable, qui fait partie de ces personnages littéraires qu’il  nous est impossible d’oublier. 

Les mots défilent et nous entraîne dans le plus beau des voyages, nous amenant à réfléchir sur la vie, les relations familiales, la maladie et les choses importantes de la vie. Et quelle belle fin ! L’auteur a su toucher mon cœur, mon âme, jusqu’au dernier mot, jusqu’au point finale. 
J’ai déjà de la peine de laisser Laura, Jeanne, Antoine, Solène, Lucas, Charlotte et tous les autres, mais je sais aussi que je les abandonne dans le bonheur et cela réchauffe mon cœur de lectrice. 
Si je ne devais rajouter que quelques mots, je dirais que j’ai été en totale fusion, en symbiose avec ce récit et avec les personnages. Et je vous recommande ce livre chaudement, vous y découvrez la vie et une plume merveilleuse et inoubliable, qui parle à votre cœur, à votre âme…

Mon petit éditeur - 2013

jeudi 9 janvier 2014

La sans par - Christiana Moreau

Présentation :
Silvia, jeune restauratrice d'oeuvres d'art, belge d'origine italienne, hérite d'une mystérieuse statue de sa grand-mère Maria. Celle-ci avait quitté sa Toscane natale à la fin des années cinquante pour rejoindre son mari venu travailler avec des milliers d'émigrés italiens dans les mines de charbon en Belgique.
Qui est la mystérieuse jeune femme représentée en terre cuite dans cette sculpture de la Renaissance florentine, si belle, au regard lointain? Quelle fut sa vie et pourquoi son sourire est-il si triste?
Qui est cette Costanza Marsiati, inconnue dans le monde de l'art qui a pourtant signé une oeuvre parfaite?
Silvia va se rendre à Florence et enquêter sur son énigmatique sculpture, l'occasion de remonter dans le temps, à l'époque flamboyante du quattrocento où seigneurs, artistes, modèles et mécènes avaient tous vingt ans.
Le destin croisé de quatre femmes italiennes, de la Renaissance à nos jours, autour d'un fil rouge qui les réunira par-delà les siècles : La sans par.

Mon avis :
A la mort de sa grand-mère, Maria, Silvia (restauratrice d’œuvres d'art en Belgique) hérite d'un magnifique buste de femme : La sans par. 
L’œuvre date de 1494 et, est signée par une femme, Costanza Marsiati. Elle découvrira bien vite, que le modèle n'est autre que Simonetta Vespucci, magnifique femme ayant de servie de modèle idéal à Botticelli et bien d'autres. 
Silvia souhaite en savoir plus sur l'artiste, sur Simonetta et sur l'histoire de cette statue, qui se transmet de mère en fille depuis des générations. Elle part donc à Florence, ville de beauté où l'histoire de la sans par s'est jouée. 

Ce roman historique de Christiana Moreau nous dévoile le destin de quatre femmes extraordinaires : Silvia, Maria, Costanza et Simonetta. 
Avec elles, c'est l'histoire des femmes, de l'art et de l'humanité qui nous est contée. 

Simonetta Vespucci était une femme issue d'une famille noble, d'une grande beauté (de corps et d'esprit). Beaucoup tombèrent sous son charme, notamment Botticelli, Leonard de Vinci, alors simple élève dans une bottega, Poliziano et même Giuliano de'Medici, qui fut son amant (et aussi l'autre modèle idéal, le masculin, de Botticelli). 

Que ce soit dans La naissance de Vénus, dans Le printemps ou d'autres œuvres du grand Botticelli, c'est le visage, la silhouette de Simonetta que nous admirons. 

Costanza Marsiati est la fille d'un artisan potier de la célèbre ville d'Impruneta, réputée pour son argile grise de grande qualité, prenant une couleur ocre après cuisson.
Cette jeune fille courageuse, passionnée n'a qu'un désir : être une artiste. Elle décide alors de rejoindre Florence, là où sous l'impulsion des Médicis, l'art à pris son envol. Elle souhaite intégrer l'atelier des frères Pollaiulo. Mais à l'époque, Savonarole, un moine sans scrupule gagne petit à petit le cœur des florentins. Les femmes n'ont pas le droit d'être artiste (d'où le déguisement de garçon que Costanza revêt, pour intégrer la bottega). Savonarole fait la chasse aux sorcières et aux vanités. Florence et ses artistes s'apprêtent à vivre des heures sombres. 

Maria, la grand-mère de Silvia, a du quitter sa Toscane natale, avec La sans par dans sa valise, afin de rejoindre son marie en Belgique. Après la guerre, l'Italie connait une crise, la Belgique a besoin de main d’œuvre. Un échange écœurant est donc mis en place : contre un ouvrier italien qui viendra travailler dans les mines belge, le gouvernement italien recevra du charbon ! Outre les conditions de travail difficile et dangereuse, les accidents, les mineurs, leurs familles doivent se parquer dans les baraquements des camps de concentration que les allemands avaient construit là, pendant la guerre. 

Quatre femmes, quatre époques et quatre combats. 
D'une plume alerte, douce et fluide, Christiana Moreau nous entraîne sur les pas de femmes merveilleuses, de la Renaissance à nos jours. 
Le style de l'auteur, son immense travail de recherche et de documentation, font de cette œuvre, un ouvrage passionnant, d'une grande richesse où la beauté transpire. 
Ce roman historique est essentiel pour qui aime l'art, la Renaissance italienne, l'histoire et la beauté. 
Je suis, quant à moi, de plus en plus attirée par cette période, par les Médicis, par Florence et, cet ouvrage magnifique, que je vous conseille, est un incontournable de toute bibliothèque ! 

Mon petit éditeur - 2013